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Cellules SW-620 – Influence sur la recherche et l’expérimentation en matière de cancer du côlon

Les cellules SW-620 constituent une lignée cellulaire humaine de cancer colorectal de stade C selon la classification de Dukes. Elles possèdent un fort potentiel tumorigène et métastatique. Elles sont donc largement utilisées dans les études sur le cancer et la toxicologie. Cet article explore les aspects fondamentaux de la lignée cellulaire SW-620 du cancer du côlon.

📋 Lignée cellulaire SW-620 — Faits en bref
Milieu de culture
Un milieu DMEM enrichi de 10 % de sérum fœtal bovin, de 4,5 g/L de glucose, de 4 mM de L-glutamine, de 1,5 g/L de NaHCO₃ et de 1,0 mM de pyruvate de sodium est utilisé pour assurer la croissance optimale des cellules SW-620. Le milieu doit être renouvelé deux fois par semaine.
Temps de doublement
Le temps de doublement des cellules SW-620 varie entre 20 et 26 heures.
Type de croissance
La lignée cellulaire SW-620 est adhérente. Les cellules forment des monocouches à la surface du récipient de culture.
Niveau de biosécurité
BSL-1

Origine et caractéristiques générales des cellules SW-620

L’origine et les caractéristiques générales constituent les renseignements essentiels concernant une lignée cellulaire. Il est indispensable que les chercheurs qui envisagent de l’utiliser dans leurs travaux de recherche en aient une connaissance préalable. Cette section de l’article explique les principales caractéristiques et l’origine de la lignée cellulaire SW-620. Vous y apprendrez notamment : Qu’est-ce que la lignée cellulaire SW-620? Quelles sont les caractéristiques de la lignée cellulaire SW-620? Quelle est l’origine de la lignée SW-620? Quelle est la taille des cellules SW-640? Et quelle est la différence entre la lignée SW-620 et la lignée SW-480?

  • La lignée cellulaire SW-620, issue d’un carcinome colorectal, provient d’une lésion ganglionnaire métastasée chez un homme de race blanche âgé de 51 ans atteint d’un adénocarcinome du côlon [1]. Cette lignée cellulaire a été déposée par A. Leibovitz et ses collègues.
  • Les cellules SW-620 présentent une morphologie épithéliale. Elles se composent également de petites cellules rondes et bipolaires qui ressemblent à des microvillosités.
  • La taille des cellules SW-620 est de 14,4 ± 0,3 μm de diamètre.
  • Ces cellules cancéreuses du côlon présentent un caryotype hyperdiploïde. Le nombre modal de chromosomes des cellules SW-620 est de 50, pouvant varier de 45 à 53.

SW-480 vs SW-620

Les lignées cellulaires SW-480 et SW-620 sont issues d’un cancer colorectal. La lignée SW-480 a été dérivée d’une tumeur primaire, tandis que la lignée SW-620 a été établie à partir d’un ganglion lymphatique métastatique. De plus, les xénogreffes développées à partir de ces lignées cellulaires diffèrent l’une de l’autre. Les xénogreffes de SW-620 produisent des couches de cellules tumorales, tandis que celles de SW-480 forment des structures de type glandulaire [2]. Les deux lignées cellulaires partagent des profils de mutations identiques.

Polype détecté et retiré lors d’un examen du côlon ou du rectum, caractérisé par une excroissance charnue de la muqueuse.

Cellules SW-620 : informations sur la culture

Il est essentiel de bien comprendre les principes fondamentaux de la culture d’une lignée cellulaire, car cela permet d’en assurer une manipulation et un entretien adéquats. Cette section présente quelques points clés concernant la culture des cellules SW-620 qui vous aideront à comprendre : Qu’est-ce que le milieu de culture SW-620? Quel est le temps de doublement des cellules SW-620? Comment cultiver les cellules SW-620?

Points clés pour la culture des cellules SW-620

Temps de doublement :

Le temps de doublement de la lignée SW-620 varie entre 20 et 26 heures.

Adhérentes ou en suspension :

La lignée cellulaire SW-620 est adhérente. Les cellules forment des monocouches à la surface du récipient de culture.

Rapport de repiquage :

Les cellules SW-620 sont repiquées selon un rapport de division de 1:3. Les cellules adhérentes sont rincées avec un tampon salin phosphaté (1X) sans magnésium ni calcium. Ensuite, on ajoute la solution de repiquage, Accutase, et les cellules sont incubées à température ambiante pendant 8 à 10 minutes. On ajoute du milieu frais, puis on centrifuge les cellules. Par la suite, les cellules récoltées sont soigneusement remises en suspension dans un milieu de croissance et réparties dans de nouveaux flacons pour la culture.

Milieu de croissance :

Un milieu DMEM enrichi de 10 % de sérum fœtal bovin, de 4,5 g/L de glucose, de 4 mM de L-glutamine, de 1,5 g/L de NaHCO₃ et de 1,0 mM de pyruvate de sodium est utilisé pour assurer la croissance optimale des cellules SW-620. Le milieu doit être renouvelé deux fois par semaine.

Conditions de culture :

Les cellules de carcinome du côlon SW-620 sont cultivées dans un incubateur humidifié à une température de 37 °C et avec 5 % de CO.

Conservation :

Après congélation, les cellules SW-620 sont conservées à une température inférieure à -150 °C dans des congélateurs à très basse température ou en phase vapeur d’azote liquide.

Procédure de congélation et milieu :

Le CM-1 ou le CM-ACF constitue un milieu de congélation idéal pour les cellules SW-620. Un processus de congélation lente est utilisé pour congeler les cellules SW-620. Il ne permet qu’une baisse de température de 1 °C par minute, préservant ainsi la viabilité cellulaire.

Procédure de décongélation :

Les cellules SW-620 congelées sont décongelées dans un bain-marie préréglé à 37 °C pendant 40 à 60 secondes. Après la décongélation, on ajoute un milieu de culture, puis on centrifuge les cellules pour éliminer les résidus du milieu de congélation. Ensuite, le culot cellulaire obtenu est remis en suspension dans un milieu de croissance, et les cellules sont transférées dans un nouveau flacon pour la culture.

Niveau de biosécurité :

Un laboratoire de niveau de biosécurité 1 (BSL-1) est requis pour la manipulation des cultures de SW-620.

Sw620 cells

Sphéroïde en formation à partir de cellules SW-620, vu à un grossissement de 10x et 20x.

Avantages des cellules SW-620

Avantages

  • Modélisation du carcinome du côlon : Les cellules SW-620 constituent un modèle essentiel pour le carcinome du côlon, permettant une étude approfondie des mécanismes tumoraux et métastatiques, en particulier dans les modèles de xénogreffes.
  • Recherche sur le cancer et thérapies : Ces cellules facilitent l’exploration de la biologie du cancer, de l’efficacité de la chimiothérapie et des mécanismes de mort cellulaire, y compris l’anoïkise.
  • Expression de CD133 : L’expression de CD133 dans les cellules SW-620 apporte des éclaircissements sur la biologie des cellules souches cancéreuses et ses implications pour la tumorigenèse et la résistance aux traitements.
  • Applications en cytométrie en flux : L’analyse par cytométrie en flux de ces cellules permet d’évaluer les populations cellulaires, les niveaux d’apoptose et la prolifération.

Applications de recherche de la lignée cellulaire SW-620

Les domaines de recherche dans lesquels les cellules SW-620 trouvent une utilité prometteuse sont présentés ci-dessous :

  • Recherche sur le cancer : La lignée SW-620 constitue un modèle cellulaire inestimable pour l’étude de la biologie du cancer colorectal. Les chercheurs utilisent ce modèle in vitro pour explorer les mécanismes moléculaires à l’origine de la croissance, de l’invasion et de la migration des cellules cancéreuses. De plus, elle peut servir à étudier les mutations de la lignée cellulaire SW-620, notamment celles des gènes p53, APC et KRAS. Une étude menée en 2021 a examiné l’effet de la mutation du gène KRAS de la lignée cellulaire SW-620 sur la sensibilité à un nouveau médicament, le FL118. Ils ont observé que la surexpression de KRAS augmente l’apoptose des cellules colorectales induite par le FL118, tandis que son inactivation la diminue. Ces résultats pourraient aider à prédire l’utilisation du FL118 chez les patients atteints d’un carcinome du côlon présentant une mutation du gène KRAS [3].
  • Criblage et développement de médicaments : La lignée cellulaire SW-620 est largement utilisée pour cribler et tester des candidats-médicaments potentiels contre le cancer du côlon. Les chercheurs utilisent ces cellules pour évaluer la cytotoxicité et l’efficacité des médicaments, ce qui peut mener à l’élaboration d’approches thérapeutiques ciblées. Par exemple, une étude a exploré les activités anticancéreuses colorectales de composés individuels d’huiles essentielles de cannelle et de clou de girofle à l’aide de la lignée cellulaire SW-620 [4].
  • Études sur les métastases : En raison de leur fort potentiel métastatique, les cellules SW-620 peuvent servir à étudier les voies moléculaires sous-jacentes aux métastases des cellules cancéreuses. Par exemple, Zhou Yang et ses collègues ont mis en évidence le rôle du gène Grainy-head-like 2 (GRHL2) dans la progression et les métastases du cancer du côlon. Ils ont émis l’hypothèse que l’expression du gène GRHL2 inhibe la progression et les métastases du cancer colorectal en supprimant la transition épithélio-mésenchymateuse (EMT) [5].

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Cellules SW-620 : Publications

Cette section présente certaines des publications de recherche les plus intéressantes et les plus citées concernant les cellules SW-620.

L’urolithine A, un métabolite des ellagitanins, induit l’autophagie et inhibe les métastases dans les cellules cancéreuses colorectales humaines SW-620

Cette étude, publiée dans Molecular Carcinogenesis (2017), a suggéré que le traitement à l’urolithine A, un polyphénol, induisait l’autophagie dans la lignée cellulaire de cancer colorectal SW-620. Elle a également permis de freiner les métastases des cellules cancéreuses.

La tétrandrine inhibe l’adhésion, la migration et l’invasion des cellules SW620 de cancer du côlon humain par l’inhibition des voies de signalisation du facteur nucléaire κB, de la métalloprotéinase matricielle 2 et de la métalloprotéinase matricielle 9

Cet article paru dans Oncology Letters (2018) a exploré le potentiel antimétastatique de la tétrandrine, un alcaloïde bis-benzylisochinolénique, à l’aide de cellules SW-620.

Le gène CDCA3 favorise la prolifération cellulaire en activant la voie de signalisation NF-κB/cycline D1 dans le cancer colorectal

Cet article a été publié dans Biochemical and Biophysical Research Communications (2018). Il suggère que le gène CDCA3 (Cell division cycle associated 3) est surexprimé dans les cellules cancéreuses colorectales et favorise leur prolifération par l’activation de la voie de signalisation NF-κB.

L’ABL001, un anticorps bispécifique ciblant le VEGF et le DLL4, associé à la chimiothérapie, inhibe de manière synergique la progression tumorale dans des modèles de xénogreffes

Une étude publiée dans l’International Journal of Molecular Sciences (2021) a examiné l’effet synergique d’un anticorps bispécifique (ABL001) et de médicaments chimiothérapeutiques sur la progression tumorale dans une xénogreffe SW620.

Le bacopaside II, extrait purifié de la plante médicinale Bacopa monnieri, inhibe la croissance des cellules cancéreuses du côlon in vitro en induisant un arrêt du cycle cellulaire et l’apoptose

Cet article a été publié dans la revue *Cells* (2018). Dans cet article, l’extrait de Bacopa monnieri, le bacopaside II, a été étudié pour ses activités antitumorales sur la lignée cellulaire SW-620 et d’autres cellules cancéreuses colorectales.

Ressources sur la lignée cellulaire SW-620 : protocoles, vidéos et plus encore

Voici quelques ressources en ligne consacrées aux cellules de carcinome du côlon SW-620.

Le lien suivant contient le protocole de culture cellulaire de la lignée SW-620.

  • Protocole de culture cellulaire SW-620 : Ce lien fournit des renseignements de base sur la lignée cellulaire SW-620. Il vous aidera également à apprendre le protocole de repiquage des cellules SW-620 et la manipulation des cultures SW-620 cryoconservées et en prolifération.
  • Protocoles de culture cellulaire : Cette vidéo est une excellente ressource pour apprendre les protocoles de repiquage, de congélation et de décongélation des cellules adhérentes.

Les cellules SW620 sont des cellules d’adénocarcinome colorectal humain prélevées dans une métastase ganglionnaire d’un patient atteint d’un cancer du côlon, ce qui leur confère une importance particulière pour la recherche sur le cancer.

Les cellules SW620 ont généralement un diamètre compris entre 15 et 30 micromètres, bien que celui-ci puisse varier en fonction des conditions de culture.

Les cellules SW620 présentent plusieurs mutations, notamment au niveau du gène TP53. Ces mutations peuvent influencer la morphologie cellulaire, ce qui se traduit par une grande diversité de formes et de tailles au sein de la population.

Les cellules SW620 et SW480 sont toutes deux issues d’adénocarcinomes du côlon, mais les cellules SW620 proviennent d’un site métastatique, tandis que les cellules SW480 proviennent de la tumeur primaire. Cette différence peut avoir une incidence sur leur profil génétique, leur comportement en culture et leur réponse aux traitements.

Les cellules SW620 jouent un rôle essentiel dans l’étude de la tumorigenèse, notamment en raison de leur capacité à former des tumeurs dans des modèles murins de xénogreffes et de leur expression de marqueurs des cellules souches cancéreuses, comme le CD133.

Oui, les cellules SW620 sont utilisées pour étudier les voies de mort cellulaire, notamment l’apoptose et l’anoïkise, car elles réagissent à divers traitements anticancéreux et à diverses conditions environnementales.

Le fort potentiel métastatique des cellules SW620 et leur origine dans un ganglion lymphatique métastatique en font un modèle pertinent pour l'étude de la propagation du cancer du côlon.

La cytométrie en flux permet aux chercheurs d'analyser les propriétés des cellules SW620, notamment les profils d'expression du CD133 ainsi que le degré d'apoptose ou la sensibilité à l'anoïkise.

Les cellules SW620 présentent un fort potentiel tumorigène lorsqu’elles sont implantées dans des modèles murins de xénogreffes immunodéficients, ce qui en fait des outils précieux pour les études in vivo sur la progression du cancer.

Références

  1. Siekmann, W., et al., Effet de la lidocaïne et de la ropivacaïne sur des lignées cellulaires de cancer du côlon primaires (SW480) et métastatiques (SW620). Oncol Lett, 2019. 18(1) : p. 395-401.
  2. Hewitt, R.E., et al., Validation d’un modèle de progression du cancer du côlon. J Pathol, 2000. 192(4) : p. 446-54.
  3. Thangaiyan, R., et al., Les sous-types de mutation du gène KRAS influencent de manière distincte la sensibilité des cellules cancéreuses colorectales au FL118, un nouvel inhibiteur de la survivine, de Mcl-1, de XIAP, de cIAP2 et de MdmX. American Journal of Translational Research, 2021. 13(7) : p. 7458.
  4. Petrocelli, G., et al., Molécules présentes dans les huiles essentielles végétales pour la prévention et le traitement du cancer colorectal (CCR). Molecules, 2021. 26(4) : p. 885.
  5. Yang, Z., et al., GRHL2 inhibe la progression et les métastases du cancer colorectal en bloquant la transition épithélio-mésenchymateuse. Cancer biology & therapy, 2019. 20(9) : p. 1195-1205.